Qu’est-ce qui est vert et qu’on attend ? Le nouveau Vélib, présenté à l’automne, est loin d’avoir conquis les rues de Paris. Au moment d’écrire cet article, ce lundi en début d’après-midi, 64 stations fonctionnent sur tout le réseau selon la carte officielle du service. 64 c’est peu, très peu, en regard des 1 200 stations en service lors de la mandature du précédent opérateur JCDecaux, remplacé en 2017 par la start-up montpelliéraine Smovengo.

En réalité, 80 stations seraient actuellement équipées, assure à Libération le syndicat Autolib Vélib Métropole, l’écart s’expliquant par les derniers réglages techniques encore à réaliser sur ces nouveaux spots. 64 ou 80, on est très loin de la promesse initiale : à l’ouverture du service début janvier, 600 stations seraient utilisables, avait assuré Smovengo. «Nous démarrons avec un niveau réduit mais les délais seront tenus», a toutefois affirmé un porte-parole de la société à l’AFP. Selon lui, avec de nouveaux recrutements, le plan de déploiement prévoit toujours d’installer d’ici fin mars 80 stations par semaine. L’engagement initial était que les 1 400 stations (1 200 anciennes et 200 nouvelles) et les 20 000 à 24 000 nouveaux vélos soient en ordre de marche pour le 1er avril.

Selon Smovengo, le retard dans le déploiement vient de son prédécesseur : en perdant le marché, JCDecaux avait posé un recours en justice, qui a repoussé la possibilité pour le nouvel opérateur de préparer les installations. Autre raison invoquée : les opérations pour alimenter en électricité les 45 000 «bornettes» qui doivent recevoir un vélo électrique «se sont révélées plus compliquées que prévu», selon Smovengo. Au final, l’association de défense du vélo Paris en selle affiche un sérieux «doute d’avoir 100% des stations opérationnelles d’ici fin mars».

Deux sites différents

Voilà le premier problème, le plus important. Il y en a un autre : les informations aux usagers sont peu claires. N’ayant pas pu investir le site officiel de Vélib avant que JCDecaux en remette les clés, Smovengo a créé un nouveau site, Vélib 2018. Depuis début janvier, il vient désormais entrer en concurrence avec le nouveau portail officiel, Vélib Métropole. Deux sites différents, donc, avec exactement les mêmes informations (sans compter celui du syndicat qui gère le service, Autolib Vélib Métropole). En revanche il existe une seule application (ouf !). Sauf que celle-ci, à partir de laquelle les utilisateurs louent leurs vélos et repèrent les stations accessibles, ne fonctionne pas. Elle affiche des mauvaises informations, la géolocalisation est défaillante et la carte ne se charge pas ou mal.